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Sous la direction d’Anne Bationo-Tillon, Françoise Decortis, Viviane Folcher et Gaëtan Bourmaud

Comment penser aujourd’hui le développement des activités humaines face aux mutations du travail, de la formation et de nos environnements culturels ? Cet ouvrage propose de mettre en mouvement l’héritage intellectuel de Pierre Rabardel autour de l’approche instrumentale, pour donner à voir la vitalité d’un cadre conceptuel qui continue de se transformer et d’inspirer une nouvelle génération de chercheurs.

Présentation

Née dans les années 1990, l’approche instrumentale s’est imposée comme une référence majeure pour comprendre la manière dont les sujets construisent, transforment et réinventent leurs relations aux technologies dans la médiation aux autres, à eux-mêmes et dans la réalisation de leur activité de travail. Inscrite dans la lignée historico-culturelle, cette approche conceptuelle éclaire les dynamiques développementales de l’activité humaine : des activités qui produisent des résultats, mais aussi des ressources, des valeurs, des mondes communs.

Les chapitres de cet ouvrage donnent à voir comment l’approche instrumentale est aujourd’hui mobilisée pour analyser, accompagner ou renouveler des situations aussi diverses que les transitions professionnelles, les parcours universitaires, les organisations du travail, les environnements numériques, les situations d’enseignement- apprentissage, les pratiques artistiques ou les projets de conception. Cet ouvrage met en lumière des manières diverses et souvent inventives, de mobiliser l’approche instrumentale pour analyser des situations complexes (usage épistémique), pour accompagner la transformation des milieux professionnels (usage pragmatique), ou encore pour ouvrir de nouveaux territoires conceptuels (usage expansif).

Chercheuses et chercheurs dans le champ de l’ergonomie, de la formation, de l’art et du design, formateurs et formatrices, étudiants, concepteurs ou ergonomes : toutes celles et ceux qui s’intéressent au développement des activités humaines trouveront ici un panorama stimulant des évolutions actuelles de l’approche instrumentale, ainsi qu’un aperçu des perspectives qu’elle ouvre pour penser les enjeux du travail, de la formation et de la création à venir.

Avec les contributions de : Anne Bationo-Tillon, Pascal Béguin, Raphaële Bertho, Samuel Bianchini, Julie Blanc, Anais Bloch, Gaëtan Bourmaud, Lucie Cuvelier, Françoise Decortis, Serge Éloi, Yrjö Engeström, Viviane Folcher, Arno Gisinger, Catherine Gouédard, Pauline Gourlet, Yannick Lémonie, Sandra Nogry, Céline Poret, Muriel Prévot- Carpentier, Pierre Rabardel, Annalisa Sannino, Luc Trouche, Gilles Ulrich, Pierre Vérillon.

Les plénières du congrès de la SELF 2025 sont en ligne !

Nous avons le plaisir de vous annoncer la mise en ligne des conférences plénières du congrès de la SELF 2025, organisé à l’Université Paris Nanterre, sur la chaîne YouTube de la SELF.

Vous retrouverez également sur la chaîne d’autres conférences plénières et symposiums issus des congrès précédents.

Très bon visionnage à toutes et à tous !

« Grossesse en milieu de travail. Défis de santé et de justice au travail » est paru en 2025 aux Presses de l’Université du Québec. Dirigé par Anne Renée Gravel, Isabelle Probst, Jessica Riel, Alessia Abderhalden-Zellweger et Peggy Krief, avec une préface de Karen Messing, cet ouvrage investigue les enjeux de santé et de justice rencontrés par les travailleuses enceintes dans plusieurs contextes nationaux. Plusieurs autrices membres de la SELF y ont contribué.

Présentation

Comment prévenir les risques liés à la grossesse en milieu de travail tout en respectant les besoins organisationnels? Comment créer un environnement professionnel à la fois plus juste et plus sûr pour les travailleuses enceintes?

Cet ouvrage explore les enjeux de la protection de la santé et de la sécurité des travailleuses enceintes. Il met en lumière les défis systémiques qui persistent en matière d’égalité en emploi ainsi que les responsabilités des organisations dans la création de milieux de travail respectueux des droits et de la dignité des femmes enceintes.

Des études de terrain viennent illustrer les stratégies de prévention mobilisées par des employeurs et des responsables de la santé au travail, tout en exposant les leviers et les obstacles rencontrés. Ces exemples concrets montrent qu’il est possible d’assurer la sécurité et le bien-être des travailleuses enceintes sans compromettre l’équité, la justice organisationnelle, ni la continuité des activités.

Grossesse en milieu de travail constitue une ressource essentielle pour toutes personnes – soignantes et professionnelles – souhaitant comprendre les défis liés à la grossesse.

L’ouvrage est disponible en librairie ou via le site des PUQ :

Chaque année depuis 2019, l’International Ergonomics Association décerne le IEA/Kingfar Award, à des doctorant-es et à des jeunes chercheurs et chercheuses, dont les travaux contribuent de manière significative à l’avancement des connaissances en ergonomie et facteurs humains. Les candidatures sont relayées par les associations nationales membres de l’IEA. Pour la France, c’est la SELF qui remplit ce rôle.

En 2025, notre Conseil d’administration a été sollicité par trois membres de la SELF souhaitant candidater à ce prix : William Emond, Mohsen Zare et Alexis Chambel. L’IEA a reçu 20 dossiers et en a retenu 13, dont celui de William Emond : félicitations à lui pour cette reconnaissance internationale ! Le prix sera officiellement remis lors du congrès IEA 2027 à Londres. Bravo également à Alexis et Mohsen d’avoir tenté leur chance ! Notons que c’est la première fois, depuis la création de ce prix, qu’il est décerné à un ressortissant européen.

William Emond a récemment achevé un doctorat en Ingénierie des facteurs humains à l’Université de Technologie de Belfort-Montbéliard (UTBM). Ses recherches portent sur la prévention et l’atténuation du mal des transports dans les véhicules automatisés, un enjeu lié à l’évolution des modes de déplacement et à l’essor des activités non liées à la conduite (lecture, travail, divertissement) dans les véhicules autonomes. Ses travaux s’appuient sur des approches expérimentales et des modèles prédictifs pour améliorer le confort des passagers. Ils ont donné lieu à plusieurs publications dans des revues internationales telles que Ergonomics, Applied Ergonomics et Human Factors.

Si vous aussi souhaitez candidater pour un prochain prix, n’hésitez pas à nous contacter. Vous pouvez consulter les modalités sur le site de l’IEA, via le lien ci-dessous :

Nous venons d’apprendre le décès, survenu le 23 novembre, de Laerte Idal Sznelwar, qui a été l’artisan de nombreux liens entre la France et le Brésil, dans les domaines de l’ergonomie et de la psychodynamique du travail [1]. La SELF présente ses condoléances à sa famille.

Né en 1956, Laerte Idal Sznelwar a d’abord exercé les fonctions de médecin du travail, dans des usines de São Paulo aux conditions de travail très difficiles, puis au Département intersyndical d’études et de recherche en santé et milieux de travail. Soucieux de développer des moyens d’action sur les situations de travail, il se forme à partir de 1984 au laboratoire d’ergonomie du CNAM, à l’invitation d’Alain Wisner.

Il y réalise une thèse sur l’Analyse ergonomique de l’exposition de travailleurs agricoles aux pesticides : essai ergo-toxicologique,  basée sur des observations dans des entreprises maraîchères françaises et brésiliennes. Cette recherche constitue l’une des fondations de l’approche ergotoxicologique (comprendre le travail pour comprendre l’exposition aux toxiques et pouvoir définir des solutions réalistes).

Après avoir travaillé à la Fundacentro (organisme de recherche et de prévention du ministère du Travail), il devient enseignant-chercheur au département de génie de production de l’École Polytechnique de l’Université de São Paulo, où il sera ensuite professeur. 

La ligne directrice de son travail est la question de l’émancipation, le souhait de permettre aux travailleurs d’être desprotagonistes (les premiers acteurs) de leur vie, notamment de leur vie au travail. Soucieux de tenir à la fois les dimensions techniques et les dimensions subjectives, il se forme à la psychodynamique du travail et entretient des relations fortes avec Christophe Dejours et son laboratoire. Il s’intéresse particulièrement aux questions d’organisation du travail et a présidé le comité technique ODAM (Organizational Design and Management) de l’iEA.

Il a enseigné à la fois dans des cursus d’ingénieurs, dans des spécialisations en ergonomie, dans des formations en entreprise ou syndicales. Il considérait son rôle d’enseignant d’abord comme celui d’un facilitateur d’apprentissage, et avait une grande exigence quant à l’apprentissage permanent du professeur lui-même. Ses recherches-interventions ont porté sur un très grand nombre de secteurs, tant dans le domaine des services que dans celui de la production industrielle.

Préoccupé d’élargir toujours sa compréhension des déterminants de la santé au travail et des leviers d’action, il a continué à s’ouvrir à l’économie de la fonctionnalité et aux questions de développement durable.

Il était au Brésil l’un des principaux pivots des liens très forts qui unissent les laboratoires d’ergonomie faisant référence à l’ergonomie de l’activité (pour ne pas dire l’ergonomie francophone), à Rio de Janeiro, Belo Horizonte, Ouro Preto notamment. Il a aussi soutenu le développement de l’ergonomie en Argentine, en encadrant des thèses d’ergonomes argentins.

C’est un homme toujours positif et bienveillant, savant et humble, joyeux et exigeant, désireux d’apprendre et de transmettre, qui nous quitte.


[1] La commission histoire de la SELF a publié l’entretien que Jean-Claude Sperandio a eu avec Laerte Idal Sznelwar : https://ergonomie-self.org/wp-content/uploads/2018/04/Sznelwar-Idal-Laerte.pdf

Michel Neboit vient de nous quitter à l’âge de 83 ans ce lundi 20 octobre 2025.

Michel Neboit a fait des études de psychologie. Il a d’abord travaillé sur les problèmes d’apprentissage des mathématiques et de la physique destinés à des élèves de centres de formation professionnelle. Embauché en 1971 comme chercheur au Laboratoire de Psychologie de la Conduite de l’ONSER (qui deviendra l’INRETS), il a travaillé sur les problèmes d’apprentissage de la conduite automobile, ce qui l’a amené à analyser la tâche de conduite et son apprentissage, en s’intéressant en particulier à la prise d’information dans la conduite automobile et à l’évolution des stratégies visuelles (dont témoignent les mouvements oculaires) du conducteur.

Il a rejoint en 1984, le Centre de Recherche de l’INRS à Nancy comme Chef du Service Ergonomie- Psychologie- Sociologie au sein du Département Ergonomie et Sécurité dirigé par Jean-Jacques Vogt. Il a alors abordé l’ergonomie en entreprise et renforcé les recherches sur l’analyse psycho-ergonomique des problèmes posés par l’informatisation et l’automatisation.

Il a pris la direction du Département Homme au Travail en 1999 qui comportait des ingénieurs, des médecins, des physiologistes, des psychologues, des ergonomes, un département multidisciplinaire regroupant des sciences de l’Homme au travail. Il a ainsi pu s’engager sur des projets et thématiques de recherche qui visaient à intégrer la prise en compte des connaissances de l’ergonomie au cours de la conception des outils, des équipements, des installations et des situations de travail. Avec cette entrée, son laboratoire a pu proposer, au sein des systèmes de prévention, des processus d’ « intégration de la prévention dès la conception ».

Il s’est aussi intéressé à la charge mentale et à la charge psychique de travail, en particulier dans le cadre de restructurations, d’implantations de nouvelles technologies, de nouvelles organisations. Ce qui l’a amené, dans le cadre de l’INRS, à travailler sur le stress au travail. Il a publié avec Michel Vézina en 2003 chez Octarès « Stress au travail et santé psychique ».

Michel Neboit a été membre du conseil d’administration de la SELF et son président de 2004 à 2009.

La SELF présente ses plus sincères condoléances à la famille de Michel.

Ses funérailles auront lieu le samedi 25 octobre 2025 à Saint-Dié-des-Vosges (88100)

L’entretien de Michel Neboit par la commission histoire de la SELF : https://ergonomie-self.org/wp-content/uploads/2016/07/Michel-Neboit.pdf

Les hommages que vous souhaitez rédiger sont à transmettre à Francis Six (francis.six@univ-lille.fr) qui les rassemblera en vue de leur publication sur le site de la SELF. Ils seront transmis à la famille de Michel Neboit.

Nous apprenons le décès de Jacques Lorig, survenu le 26 août à Cavaillon (Vaucluse), à l’âge de 88 ans.

La SELF présente ses condoléances à ses proches.

Jacques Lorig, né en 1937, a d’abord travaillé comme ouvrier dans la réparation d’ascenseurs. En 1971, syndicaliste cégétiste, il bénéficie d’une bourse DGRST[1] pour étudier l’ergonomie au CNAM. Il fonde ensuite le premier cabinet d’ergonomie à Marseille. C’est sur les encouragements d’Alain Wisner – entre autres – qu’il crée La revue des conditions de travail.  Très vite, des demandes lui furent adressées afin que soient également publiés des ouvrages, destinés à nourrir la réflexion sur des thèmes plus spécialisés et de manière plus approfondie que ne peuvent le faire les articles d’une revue. C’est ainsi que Jacques Lorig créa, en 1987, la maison d’édition Octarès. Ce nom constituait alors un acronyme signifiant “Optimisation des conditions de travail appliquée à la recherche et à la sécurité”. La revue et l’édition Octarès furent ensuite reprises respectivement par Marie Christol (la revue deviendra Performances humaines et techniques) et par Jean Christol, qui fait vivre Octarès Éditions depuis avril 1991. Lors de cette reprise d’Octarès, quatre titres figuraient au catalogue : Traité d’ergonomie, par Pierre Cazamian ; Le travail posté, chez nous et ailleurs, par Ingrid Grunstein et Pierre Andlauer ; La prise de risque dans le travail, par Pierre Goguelin et Xavier Cuny ; Les facteurs humains de la fiabilité dans les systèmes complexes, sous la direction de Jacques Leplat et de Gilbert de Terssac.

Il enseigna l’ergonomie dans plusieurs établissements, et suscita parmi les étudiants des vocations d’ergonomes.

Quand arriva l’heure de la retraite, Jacques Lorig s’installa à l’Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse), où il a déployé une intense activité sociale et culturelle.


[1] Délégation générale à la recherche scientifique et technique

Nous apprenons avec tristesse le décès, survenu le 04 septembre 2025, de René Baratta, réalisateur de films sur le travail et ergonome.

Les obsèques auront lieu le jeudi 11 septembre à 15 h 30 au Père Lachaise.

La SELF présente ses condoléances à ses proches.

Une journaliste de Santé et Travail[1] présentait ainsi le parcours de René Baratta : « Diplômé en sciences économiques, il a appris le montage lors d’un séjour de deux ans aux Etats-Unis et, avant de se lancer dans les images, a été employé dans des foyers de mères célibataires et de jeunes travailleurs. Une fibre sociale, un « goût du travail bien fait » que lui a transmis son père, peintre en bâtiment… rien d’autre ne prédestinait le jeune homme à devenir ce documentariste dont beaucoup reconnaissent la singularité. »

René Baratta décrit, lui, sa première rencontre avec des ergonomes[2] : «  Moi, jeune réalisateur, je ne connaissais rien au travail. Michel Berthet et son collègue Joël Maline, jeunes ergonomes indépendants, ne connaissaient rien à la réalisation d’un film, et donc cette première rencontre ne s’est pas bien passée. Moi et mon équipe nous n’étions jamais au bon endroit, au bon moment, pour filmer le bon geste professionnel. Et eux étaient incapables de nous dire où et quand aurait lieu la prochaine action à filmer… Ce fut une vraie galère ! Mais cette expérience a aussi été pour moi une sorte de déclencheur, qui m’a poussé à m’intéresser à l’analyse du travail et à continuer de réaliser des films sur les situations de travail… »

En collaboration avec Francis Dupont, Jean-Marie Francescon et Damien Cru, il réalise en 1991 Aucun risque, paroles de compagnons – dont Damien Cru écrit le livret – qui restera sans doute son œuvre la plus célèbre. Il s’agit d’une analyse très fine des prises de risques dans le BTP, avec une mise en discussion, dans des groupes de compagnons, des idéologies collectives de défense.

Impossible de citer tous ses films[3], mais on peut mentionner Le nucléaire et l’homme – des images tournées en centrales nucléaires (ce qui est très rare), notamment sur le travail des prestataires –, film qui a scandé un colloque de deux jours sur les conditions de travail dans le nucléaire, organisé en 2002 par le Comité central d’entreprise d’EDF avec toutes les parties prenantes.

En 2006, René Baratta tourne pour la CFDT Intensification du travail et action syndicale, qui s’appuie sur les analyses conduites par des militants et rassemblées dans l’ouvrage Le travail intenable (Théry, 2006).

Outre ces commandes, René Baratta a développé à partir de 1997 une collaboration de longue durée avec Michel Berthet, alors à l’ANACT, réalisant des « films qui utilisent l’autoconfrontation collective comme un élément central de l’analyse des situations de travail »2 Il a publié plusieurs articles sur l’usage de la vidéo dans les recherches sur le travail.

Ce parcours l’a conduit, en 2002, à obtenir un DESS en ergonomie et conception des systèmes de travail, à devenir ergonome et à pratiquer notamment des expertises CHSCT.

Il aimait enseigner sur le thème « filmer le travail », et l’a fait dans plusieurs cursus de master d’ergonomie. Il a écrit, en lien avec ces enseignements, un texte « Éloge du plan de coupe et de l’imprévu »[4].

Parallèlement à son engagement professionnel, René Baratta a développé une activité cinématographique en lien avec l’Italie, pays d’origine de ses parents. Citons en 2013 les deux films réalisés avec Giovanna Marini, célèbre chercheuse en ethnomusicologie, qu’il a mis en ligne en mai 2025. En 2017, réalisation du film « Sur les traces de l’immigration italienne : histoires françaises », mettant en valeur les chants de l’émigration, en suivant le travail d’une chorale. En 2019, il a préparé un projet sur la période du fascisme et de la résistance, mais le faible nombre d’anciens du village ne lui a pas permis de le conduire à son terme. Toutefois, en 2021 il est parvenu à réaliser un film sur l’histoire de son village d’origine, Villar Dora.

René Baratta a été membre de la SELF. Il laisse le souvenir d’un homme exigeant, curieux, créatif et jovial. 


[1] Quéruel, N. (2009). René Baratta, artisan des images du travail, Santé et Travail, octobre 2009.

[2] Introduction par R. Baratta de l’entretien de la commission histoire de la SELF avec Michel Berthet berthet-michel.pdf

[3] Sa fiche à la Bibliothèque nationale de France comporte 55 œuvres.

[4] Baratta, R. (2012). Eloge du plan de coupe et de l’imprévu. Revue Ethnographiques.org25.

Nous avons le plaisir de vous partager les activités récentes de l’IEA, l’association faîtière regroupant les sociétés d’ergonomie du monde entier.

L’Organisation internationale du travail (OIT) a invité l’IEA à participer, comme organisation non-gouvernementale, à la 113e Conférence internationale du travail, en juin à Genève. Cette conférence annuelle réunit plus de 5’000 représentant.es des gouvernements, des associations patronales et des syndicats de travailleur.euses du monde entier. Le délégué de l’IEA a pris part à des échanges sur de potentielles nouvelles normes internationales sur les risques biologiques, le travail décent dans l’économie de plateforme, ainsi que la promotion du passage du travail informel au travail formel.

L’OIT souhaite recueillir des avis d’expert.es sur les défis émergents, en matière de santé et de sécurité au travail. Vous êtes invité.es à participer à son premier questionnaire Delphi. N’hésitez pas à le faire suivre à votre réseau, en particulier auprès de personnes pouvant offrir des points de vue originaux, de différentes perspectives géographiques, économiques, sociales, environnementales et politiques. L’enquête comportera deux phases, la première servant à identifier des signaux de changement, et la seconde visant à prioriser les résultats et à guider les futures discussions.

L’IEA a mis en place un groupe d’expert.es reconnu.es au niveau international, pour rédiger un document de travail, d’ici octobre 2025, pour l’OIT. Ce texte servira de base pour un document technique qui mettra en évidence des problématiques importantes, à prendre en compte dans une future Convention internationale sur l’ergonomie (International Convention on Workplace Ergonomics), prévue pour 2026. Ce sera la première fois que l’OIT produira une convention internationale sur l’ergonomie ; une convention de 1967 portait uniquement sur la manutention de charges. L’IEA souhaite inclure autant de perspectives que possible, malgré le délai court. Le document de travail inclura des définitions de l’ergonomie et une description de ses champs, de ses principes, de ses méthodes et instruments, des compétences et contenus de formations, ainsi que des référentiels de certification. La Self a proposé la participation de deux personnes : Christine Chauvin-Blottiaux (Professeure des Universités en Psychologie Ergonomique) et Jean-François Vautier (Spécialiste Facteurs Humains et Organisationnels au CEA). Nous les remercions pour leur disponibilité.

Liliana Cunha a représenté la Self lors d’une rencontre en ligne du Conseil de l’IEA, consacrée à la visibilité et à la promotion de l’ergonomie. La trentaine de personnes présentes ont partagé diverses initiatives visant à renforcer la croissance et l’impact de leurs associations. L’IEA invite les membres de la SELF à diffuser, via le site web de l’IEA, les activités qu’ils mènent (p.ex. des résultats de recherche et des études de cas) et les événements qu’ils organisent. Les messages à diffuser peuvent être envoyés à cpr@iea.cc, au moins 5 jours à l’avance, en indiquant le nom et les coordonnées, ainsi que la date de publication souhaitée (sous réserve d’approbation).

La Self a proposé trois candidats pour le prix IEA/Kingfar, qui récompense chaque année des travaux de recherche innovants, réalisés par des doctorant.es ou par des chercheur.euses en début de carrière. Nous leur souhaitons plein succès !

L’IEA comporte 24 comités techniques. Dans sa dernière newsletter, c’était au tour du comité Resilience Engineering de se présenter. L’augmentation de la taille et de l’interconnexion des systèmes sociotechniques nécessite un renouvellement des théories et méthodes fondées sur une pensée linéaire, au profit d’approches systémiques. La notion de performance résiliente, une propriété du système permettant l’adaptation et la survie, face à des circonstances tant attendues qu’inattendues, est essentielle dans un environnement hautement complexe. La résilience est un phénomène émergent ; elle résulte, pour une part, de l’auto-organisation d’opérateurs et opératrices amenés à combler les lacunes de conception et, pour une autre part, de la planification des ressources en amont. Ces deux dimensions interagissent entre elles et avec diverses autres caractéristiques des systèmes sociotechniques, telles que la sécurité, la productivité, la qualité, la durabilité et la fiabilité.

Le Resilience Engineering est un champ en pleine croissance, dans de nombreux domaines tels que la santé, les transports aériens et maritimes, la conception de logiciels, la production industrielle et la construction. Cette évolution s’accompagne du développement de nouveaux modèles et théories, à partir d’approches ergonomiques existantes. Le comité technique vise à contribuer à ces évolutions, en organisant des conférences, ateliers, publications et rencontres, en diffusant du matériel de formation, en promouvant le dialogue avec d’autres courants de l’ergonomie, et en promouvant la collaboration internationale, idéalement au travers de projets de recherche pluricentriques. Toute personne intéressée peut rejoindre le comité, via le lien ci-dessous.

L’Association brésilienne d’ergonomie et des facteurs humains (ABERGO) et l’Union latino-américaine d’ergonomie (ULAERGO) organisent un congrès, du 4 au 7 novembre 2025, à Ceara au Brésil. Le thème sera : « Intelligence artificielle et innovations techniques : défis pour l’ergonomie et les facteurs humains ». Les informations seront mises en ligne prochainement.

« Littérature, management et travail » vient de paraître aux éditions l’Harmattan, sous la direction de Fabien De Geuser, Rebecca Dickason et Alain Max Guénette. Cet ouvrage se compose de deux tomes.

Le projet éditorial : Littérature, management et travail est le troisième volume de la série « Littérature et Management » qui explore la manière dont la littérature représente les organisations et le monde du travail pour en enrichir la compréhension, offrir une lecture renouvelée des questions du travail et du management, mais aussi alimenter les enseignements et la formation. Le postulat de cette série est que le détour par la littérature permet d’ajouter aux perspectives classiques sur le travail et son organisation des grilles de lectures esthétiques, linguistiques, stylistiques, émotionnelles, créatrices ou imaginaires qui peuvent contribuer à renouveler les pratiques managériales. Intégrer les arts et les humanités dans le management et l’analyse du travail et des organisations est essentiel aujourd’hui. La littérature, depuis la poésie jusqu’à la science-fiction, en passant par le roman, le théâtre ou même la BD, donne à ses lecteurs les moyens de revisiter les cadres organisationnels et de faire résonner la subjectivité de l’expérience du travail.